La France sous le Consulat
18 LA FRANCE SOUS LE CONSULAT
à la Commission législative du Conseils des Cinq-Cents de mettre la constitution en vigueur. C’est ce qui fut fait par la loi du 2% décembre 1799.
Bonaparte procéda aussitôt à l’organisation du gouvernement. Au Sénat appartenait, à l'avenir, le droit d’élire les Consuls, mais, pour cette fois, les noms des trois Consuls devaient être inscrits dans la constitution. On avait songé d’abord à les faire nommer par les commissions législatives : Bonaparte, qui craignait de se voir adjoindre pour troisième consul Daunou, dont il estimait le caractère, mais dont il
n’aimait pas les. idées, fit proclamer par Siéyès les trois
consuls convenus. « La Constitution, — porte le titre VI, article 39, — nomme Premier Consul le citoyen Bonaparte, ex-consul provisoire; second Consul le citoyen Cambacérès, ex-ministre de la justice, et troisième Consul, le citoyen Lebrun, ex-membre de la commission du conseil des Anciens. Pour cette fois, le troisième Consul n’est nommé que pour cinq ans. »
Siéyès, alors àgé de cinquante-un ans, comprenant que son :
rôle politique venait de prendre fin, s’effaçait définitivement, mais non sans compensations ; il était nommé sénateur par la constitution et recevait, à titre de récompense nationale, la belle terre de Crosne dans le département de Seine-et-Oise avec une dotation de un million « pour avoir éclairé les peu-
ples par ses écrits et honoré la Révolution par ses vertus dé-
sintéressées ‘: malgré cette attestation officielle, le désinté-
ressement n’élait pas précisément la vertu dominante de: cet homme d'Etat. » Roger-Ducos fut également nommé sé-. nateur par la constitution et reçut le château d'Amboise. :
Le choix de Cambacérès et de Lebrun pour second et troi-
sième consuls fut dicté à Bonaparte, autant par la certitude
de ne rencontrer aucune résistance de leur part que par leurs ;
1. Message de Bonaparte et de Roger-Ducos à la Commission législative des Cinq-Cents, 20 décembre 1799. Napoléon, Correspondance, tome VI.
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