Souvenirs des campagnes du lieutenent-colonel Louis Bégos, ancien capitaine-adjudant-major au deuzième régiment suisse au service de France

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tiles. Il régnait, du reste, en Portugal peu de sympathie pour la France. Le général en chef espérait que tôt ou tard la nation portugaise, dont les mœurs et les usages étaient respectés, se plierait à des. institutions rajeunies. Mais c'était compter sans le clergé, qui se montrait opposé à toute réforme. L'armée espagnole entretenait partout des ferments de discorde et de soulèvement ; il fallut désarmer tous les régiments, qui autrefois combattaient pour la France. Le mouvement espagnol avait tellement fait de progrès, que le général en chef ne recevait plus aucune nouvelle de France; les courriers étaient arrêtés ou assassinés. Le jour de la Fête-Dieu, éclata une révolte presque générale. À Lisbonne, la tranquillité ne fut pas troublée, grâce à l'énergie et aux mesures du duc d’Abrantès.

Mais la flotte anglaise, portant des troupes de débarquement, se montrait à chaque instant à l'embouchure du Tage. Dans le reste du Portugal, elle avait déjà soulevé toutes les provinces et les villes avec lesquelles elle avait pu établir des communications. La situation de l’armée française devenait tou-