Cour d'appel de Lyon. Procès-verbal de l'audience solennelle de rentrée le 4 Novembre 1873. Camille Jordan

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En même temps que la Convention persécutait les prêtres fidèles, elle réservait ses faveurs pour ceux qui s étaient profanés. Tout prêtre marié, ou sur le point de l'être, était dispensé de la déportation, le parjure religieux équivalant au serment politique (r). On menaçait, au contraire, de cette peine rigoureuse tout évêque, même assermenté, qui, directement où indirectement , apportait quelque obstacle au mariage des prêtres (2). Enfin, lorsqu'un prêtre marié était contraint par le mépris public à quitter sa résidence, il pouvait se retirer où il le jugeait convenable, son traitement lui était assuré aux frais de la commune assez impudente pour se scandaliser d’un sacrilége (3).

Ajoutez à cela toutes les entraves apportées aux cultes tolérés, la défense absolue de placer extérieurement aucun signe religieux, même sur les édifices affectés au culte, même sur les tombes (4); la proscription des cloches(ÿ); l'interdiction de fêter le dimanche, et la nécessité de chômer au contraire le jour de décadi, sous peine d'emprisonnement (6). On n’en finirait pas si on voulait énumérer tant de lois tyranniques.

Il est vrai que, pour consoler ces chrétiens qu'on renvoyait aux catacombes, les libres-penseurs d'alors, moins avancés que ceux d'aujourd'hui, avaient pro-

(x) Décret du 20 novembre 1793.

(2) Décret du 29 juillet 1793.

(3) Décret du 17 septembre 1793.

(4) Décret du 7 vendémiaire an IV, Section 2.

(s) Décret du 3 vendémiaire an 111.

(6) Arrêté du r4 germinal an VI, et Loi du 17 thermidor an VI.